Max Pannier, l’un des derniers constructeur de bateaux de Loire

Depuis vingt ans, Max Pannier perpétue l’art de la construction de gabarres ligériennes. Le charpentier de marine taille ses bateaux dans le bois à Saint-Germain-sur-Vienne, près de la confluence entre la Loire et la Vienne.

Sous les tôles de son grand atelier à Saint-Germain-sur-Vienne, Max Pannier souffle sur la planche qu’il vient de raboter. De fins copeaux enroulés sur eux-mêmes retombent sur un tapis de sciures. Le charpentier de marine en bois tire de son oreille un crayon de bois, taillé au cutter, pour tracer une découpe.

Max construit des gabarres et des toues cabanées entre autres. «  Des bateaux en bois à fond plat pour naviguer sur la Loire », explique celui-ci par-dessus ses lunettes. « Le tirant d’eau est faible. La coque s’enfonçant seulement de 40 cm dans l’eau. » Ce qui permettait autrefois aux pêcheurs et aux transporteurs de marchandises, de ne pas s’enliser quand le sable n’est pas très loin de la surface de l’eau.

Pour une balade sur la Loire dans un bel écrin de bois

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Les jointures entre les planches sont recouvertes de goudron pour assurer une meilleure étanchéité.

« Aujourd’hui, les gabarres intéressent surtout des particuliers, voire des collectivités, qui souhaitent organiser des balades pour les touristes. » Les commandes viennent d’Orléans, un peu de Tours, d’Angers, de Nantes…

Certaines gabarres sont des appartement flottants. Équipées comme dans une péniche, avec le minimum de confort de vie. « Réalisées à un certain prix. » Qu’on peut aisément chiffré en milliers d’euros.

L’homme à la tignasse poivre et sel reprend en cadence le martèlement de têtes de clou. Depuis février, date à laquelle il a pris la succession de Guy Brémard, Max a du pain sur la planche. Un choix de vie sur lequel il ne s’étale pas. « Je proposais des balades sur le fleuve mais la vie m’a fait abandonner ce projet en 2013. Je suis arrivé ici par hasard et ai appris le métier au fur et à mesure. »

Les plans sont tracés au cordeau et au fil à plomb

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Max Pannier utilise une plane pour dégrossir et creuser des courbes dans le bois. On manie l’outil en le tirant vers soi.

Ici, les mesures se font au cordeau et les verticales sont calculées au fil à plomb. « Tout est à l’ancienne, sourit Max. Faut pas être un accroc du matos. Nous, on a jamais de panne. » Seule l’électricité fait fonctionner par exemple, la scie à ruban dégotée en 1970 et la dégauchisseuse qui permet d’aplanir les planches.

La plupart des pièces de charpente sont taillées dans le pin. « Un bois à la fois tendre et robuste dans l’eau. On a déjà vu des gabarres vieilles de 50 ans. »

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L’embarcation My Lady a été fabriquée par Max Pannier. Elle est amarrée sur les quais de Candes-Saint-Martin, près de la confluence entre la Vienne et la Loire.

La fierté du du travail bien fait se manifeste au moment de la mise à l’eau. « Si ça ne coule pas, c’est que tout va bien ! » C’est peut-être aussi avec un petit pincement au cœur que Max voit s’éloigner sur l’eau ses créations. Car c’est sur le pont d’un bateau que Max aimerait de temps en temps passer ses journées. « Moi, ce que je préfère, c’est la navigation.  »

Texte et photos : Paul PÉAN.

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